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Hijra | Témoignage et Conseils d’un Expatrié au Maroc

Hijra | Témoignage et Conseils d’un Expatrié au Maroc

Hijra | Témoignage et Conseils d’un Expatrié au Maroc
Actualité - Culture

Tu aspires à changer de vie ? Tu te poses une multitude de questions sur la Hijra ? Cela tombe bien, c’est notre sujet du jour…

De plus en plus de musulmans font le choix de s’expatrier vers son pays d’origine ou du moins en destination d’un pays musulman dans le but de retourner aux sources et de vivre sa foi sereinement.

Aujourd’hui, nous avons le plaisir de vous partager un témoignage, qui va certainement vous éclairer sur toutes les interrogations, que vous vous posez sur la Hijra.

Faire la Hijrah, c’est quoi ?

Selon la loi islamique, il s’agit tout simplement de partir d’un pays dit non musulman vers un pays musulman afin de vivre en phase avec son éthique et pratiquer sa religion sans encombres.

En effet, quand on prend la décision de partir dans un pays musulman c’est principalement pour un choix éthique, mais c’est également une décision, qui regroupe diverses raisons, telles que l’éducation des enfants, l’apprentissage de la langue arabe et du Coran, se rapprocher de la famille, pour une raison professionnelle ou tout simplement pour vivre une vie plus en phase avec soi-même et ses idéaux… 

Pour vous apporter des informations et des conseils sur la hijra, notre frère Saïd Amzil a eu la gentillesse de répondre à notre interview afin de partager avec la communauté d’Oriental World son expérience de la hijra  :

Peux-tu te présenter en quelques lignes ?

 

 

Je suis Saïd Amzil, papa de 3 princesses.

 

 

 

 

Je suis également entrepreneur et consultant en Web marketing (spécialisé dans les lancements de produits et la stratégie de contenu.) Mon activité principale consiste à aider les gens à lancer et développer une activité sur internet. 

Cela fait combien de temps que tu es expatrié ?

Cela fait 6 ans aujourd’hui que je suis installé à Tanger.

Tu as choisi le Maroc comme pays d’accueil, pourquoi avoir choisi ce pays et pas un autre ?

Pour être tout à fait transparent, le Maroc n’était pas le premier choix. Mon épouse et moi-même avions envisagé les pays du Golf. Toutefois, comme je ne maîtrisais ni l’arabe littéraire ni l’anglais, nous avons convenu que le Maroc pourrait constituer une belle première étape.  L’aventure a donc commencé à Tanger… Et depuis, nous y sommes toujours installés. Nous sommes tombés amoureux de cette ville que nous ne connaissions absolument pas à la base.

Quelles sont les raisons, qui t’ont poussé à l’expatriation ?

Cela faisait un certain temps que nous envisagions la hijra. Nous en parlions comme d’un lointain projet. Le genre de projet qui ne se réalise jamais vraiment. Ce qui nous a poussé à en parler sérieusement, s’était tous les débats autour de la théorie du genre et de l’éducation. Nos enfants venaient d’entrer en maternelle. C’était l’occasion ou jamais de prendre une décision concernant notre avenir à tous. 

Pour préparer ta hijra, je suppose qu‘il t’a fallu réaliser plusieurs démarches ? Lesquels ?

Fanny et moi sommes le genre de personne qui passent à l’action et qui, font les démarches en route. 

Lorsque nous avons évoqué le sujet, la discussion (plutôt passionnée) a duré peut-être une demi-heure. Nous avons donc validé le Maroc comme première destination. Dans la foulée, j’ai contacté l’école que nous avions sélectionné pour nos enfants. Moins d’une heure après, j’envoyais un Western Union pour payer l’inscription. Les billets d’avion pour aller repérer les lieux ont été réservés le soir même. 

Pour être franc, même la prière de consultation n’a été faite que lors du repérage des lieux. Nous avons passé une semaine à Tanger et avons pu finaliser l’inscription de nos enfants, enclencher les démarches de création d’entreprise en zone franche et trouver un appartement. 

J’ai interprété toutes ces facilités, comme un signe du Créateur.

Deux mois plus tard, nous étions tous sur place.

Après 6 mois, nous étions certains de rester et nous nous sommes donc déclaré au consulat français. Cela nous permettait également de mettre à jour notre adresse postale et notre situation administrative.

Selon toi, comment bien organiser sa hijra ?

Tout d’abord, commencer par le grand « pourquoi » : identifier clairement les raisons qui nous poussent à partir. Sont-elles spirituelles ? D’ordre fiscal ? … Ou simplement une folle envie de faire le tour du monde en 80 jours… 

Cette question est, selon moi, la base de tout projet de hijra, car c’est ce qui permet d’émettre la bonne intention.

Une fois la question validée, définir le lieu. La réponse dépend de plusieurs paramètres, du contexte, de la configuration familiale et … bien évidemment… Des besoins en matière de spiritualité. 

La décision devrait faire intervenir toute la famille. Nous avions tenu les enfants à l’écart, sans réellement leur expliquer le projet et le choc a été brutal. Depuis, nous les intégrons à chaque décision importante. Ce qui permet une transition beaucoup plus fluide et en douceur.

Entre ta décision de tout quitter et le départ, cela t’a pris combien de temps ?

À peu près 2 mois. 

J’ai conscience que cela peut paraître court, mais c’est notre mode de fonctionnement habituel. Après avoir validé les «pour» et les «contre», nous passons à l’action assez rapidement pour éviter d’avoir à trop réfléchir. Le cerveau trouve toujours une bonne raison logique de ne pas agir ou de faire machine arrière. Ne lui laissons pas l’occasion de nous dissuader. 

Maintenant, j’avais les moyens financiers me permettant de «voir venir…». De plus, je ne saurais pas expliquer pourquoi, mais j’étais persuadé qu’Allah allait soutenir le projet. 

As-tu des enfants ? Si oui, comment tu as abordé cette décision de partir dans un autre pays ?

Au moment du départ, j’avais déjà 2 filles, âgées de 4 ans et 3 ans. Mon erreur a été de mal les préparer. Nous leur avons à peine annoncé le projet en minimisant ce grand changement. Elles ont mis du temps à s’habituer à leur nouvel environnement.

Quelques mois plus tard, nous les avons réunis pour leur présenter les raisons qui nous ont poussé à quitter la France. Nous nous sommes également engagés à leur faire part des grands projets futurs afin que toute la famille valide les décisions importantes.

Quelle a été la réaction de ta famille, tes amis, ou encore collègues, à l’annonce de ta décision de faire la hijra ?

Mon père n’a pas parlé. Plus tard, il m’avoua que cette décision l’avait «tué» (se sont ses propres mots). Ma mère a fait partie du voyage lors de la semaine de «repérage». Elle nous a beaucoup encouragé, mais tout le monde pouvait ressentir son inquiétude.

Pour tous nos proches, c’était la goutte d’eau, qui fait déborder le vase. Deux ans plutôt, je quittais le confort de mon CDI pour me lancer dans l’entrepreneuriat. 

Pour le travail comment ça se passe dans ce cas-là ? 

Je gère mon activité depuis n’importe où dans le monde. C’est l’avantage du Web. À l’heure actuelle, je travaille depuis chez moi ou depuis certains cafés. 

Il m’arrive de me déplacer en France ou ailleurs pour animer des séminaires ou mon mastermind. J’essaye de limiter ces déplacements pour garder un équilibre familial. Le challenge pour moi, aujourd’hui est donc de parvenir à concilier tous les aspects de ma vie. 

Peux-tu nous donner quelques avantages et inconvénients de la hijra ?

L’un des principaux avantages est de vivre pleinement sa spiritualité. Le fait de se couper de son environnement habituel a d’autres avantages plus subtils. Par exemple, lorsque l’on plonge dans l’inconnu, nous perdons nos repères certes, mais c’est également le bon moment de reconstruire un environnement adapté à nos objectifs les plus ambitieux.

L’inconvénient de la Hijra ? Je n’en vois pas beaucoup. Peut-être le changement de culture. Même si je suis d’origine marocaine, je suis né en France. Certains codes sont différents ici. Il y a tout un apprentissage de ce côté-là. 

Il faut du temps pour se réadapter à ce nouveau monde.

Lorsque l’on quitte tout, comment se passe l’adaptation dans un nouveau pays ?

Ce n’est pas si simple. Il y a la barrière de la langue qui peut créer des difficultés à communiquer. Surtout au début, mais on finit par s’y habituer. L’apprentissage se fait par l’expérience. Sortir, rencontrer de nouvelles personnes, tester les lieux, les écoles, les contacts… est le meilleur moyen d’apprendre.

 À l’heure actuelle, quel est ton train de vie ?

Je remercie Allah, car je ne manque de rien. Je vis dans un excellent quartier. Mon appartement m’offre une vue magnifique sur la mer.

Souvent, il m’arrive de regarder les bateaux de pêcheur revenir de leur journée de pêche. C’est magnifique à voir. Il y a toujours des dizaines d’oiseaux qui accompagne le bateau. Mais il y a surtout des leçons à tirer de cet événement quotidien. 

Le pêcheur passe à l’action en plaçant sa confiance en Allah. Il part, sans savoir ce qui l’attend. 

Résultat : 

  • Son action est une cause de subsistance pour lui ;
  • pour les vendeurs du marché de poisson, qui lui achètent sa marchandise ;
  • pour les acheteurs, qui bénéficient de ses produits ;
  • et même pour les oiseaux parti le matin en ayant une pleine confiance en Allah.

En d’autres termes, quand vous passez à l’action avec une totale confiance en Allah :

  • Vous découvrez des opportunités ;
  • ces actions vous profitent ;
  • ces actions profitent également à l’ensemble des gens, qui vous entourent.

C’est ainsi que je pourrais résumer mon expérience de la hijra.

 Quels sont les conseils que tu pourrais donner à nos lecteurs, qui envisage la hijra ?

La hijra est une décision personnelle. Les avis divergent sur l’obligation ou non. Pour ma part, je suis convaincu qu’il n’y a pas de réponse unique. Chaque situation est différente. Chaque famille est différente. 

J’inviterai toute personne, qui envisage la hijra, de prendre du recul et de se poser les bonnes questions. Pourquoi souhaitez-vous partir ? Quel est le « pourquoi » qui vous anime ? 

Ensuite, une fois la décision prise, il faut une situation professionnelle stable. Après l’intention, c’est, selon moi, la clé d’une hijra réussie.

Barakallah Oufik pour ton partage d’expérience. On te souhaite le meilleur ici-bas. 

Wa fik Barak Allah. Jazak Allahu khayran

 

En résumé, Saïd Amzil, nous fait bien comprendre dans son témoignage, que la hijra est un choix personnel et, que cette décision doit être réfléchie en posant le pour et le contre avant de quitter son pays de domiciliation. Il faut tout de même une certaine préparation pour aspirer à un changement de vie, et cela, de façon sereine pour toute la famille. 

Du côté religieux, les avis divergents à ce sujet, c’est pourquoi, nous restons neutres dans notre contenu. À chacun ses décisions et ses choix de vie. L’essentiel, c’est d’être en phase avec soi-même et ce, quel que soit le pays où l’on vit… 

Pour en apprendre davantage sur les points d’étapes de l’expatriation de Saïd Amzil, nous vous invitons à lire son article hijra Maroc

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Commentaires (7)

  1. Merci pour cet article et ce témoignage qui explique bien la hijra. Pour ma part si un jour je devais faire la hijra. J’irai en Turquie. Je pense aussi qu’il faut oser et avoir surtout une bonne situation financière.

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